17 mars 2009
Vous le faites exprès?
Ce que je suis râleur en ce moment. Allez savoir pourquoi. Le soleil se lève enfin du bon côté de la maison et inonde enfin ma cuisine dès 6h30, les oiseaux gazouillent à tue-tête et j'ai pu enfin éteindre le chauffage pour au moins 6 à 7 mois. Bref, tout irait pour le mieux si les créateurs n'y mettaient pas autant de mauvaise volonté. Je parle de leurs blogs ou de leurs sites Internet que je visite par dizaines chaque jour et qu'ils s'ingénient à rendre affreux comme si ils craignaient qu'on découvre qu'ils ont du talent... Et quand j'aborde cette question frontalement avec néanmoins quelques précautions, c'est toujours la même réponse: "C'est moi qui l'ai fait". La réponse est imparable. Si on objecte que le site n'est pas très joli, on nous répondra "J'ai pas les moyens de me payer les services d'un graphiste, donc c'est moi qui l'ai fait." Si on contraire on complimente le site (ça m'arrive rarement... je suis très difficile), on nous répond: "Merci. c'est moi qui l'ai fait". Dans les deux cas, on tourne en rond; car je reste convaincu que rien ne vaut la prestation d'une personne dont c'est le métier. N'en déplaise à celles et ceux qui croient tout savoir du graphisme et du web design au prétexte qu'ils bidouillent sur Photoshop. On ne le dira jamais assez, ce n'est pas l'outil qui fait le talent même si l'outil est le fruit des plus hautes technologies...
Ne ruinez pas votre crédibilité avant même d'avoir pu présenter ou vendre ne serait-ce qu'une oeuvre. Et si vous n'avez pas les moyens de vous offrir les services d'un graphiste, essayez de rendre votre blog ou votre site un tantinet attractifs. Si vous pensez que le graphisme de votre site doit traduire votre bouillonnement créatif intérieur, vous vous trompez. Votre site doit servir vos créations. Quelques petits trucs pour ne pas faire fuir vos visiteurs:
Misez sur la sobriété et la simplicité.
N'abusez des couleurs à votre disposition. Définissez une charte graphique avec deux ou trois couleurs au plus.
Evitez les pavés de couleurs ou les bandeaux "flashy". N'oubliez pas que les écrans sont lumineux et que ces couleurs sont amplifiées par la lumière: elles agressent la rétine. Si vos créations portent des couleurs vives alors mettez les en valeur avec un site qui contraste pas sa douceur.
Evitez les textes en surbrillance sur fond noir (par pitié!). Quand on passe du temps comme moi sur son écran, on fuit systématiquement ce genre de site qui fatigue très vite les yeux.
Vos créations doivent apparaître dès la première page. S'il faut dérouler du texte ou cliquer plusieurs fois avant d'avoir accès aux créations, il y a fort à parier que le visiteur partira avant même de savoir dans quelle discipline vous exercez.
Soignez vos photos. Si vous n'êtes pas photographe, je vous invite à lire ces deux billets publiés par Capitaine Commerce: http://www.capitaine-commerce.com/2009/02/05/22491-se-mettre-a-la-photo-dans-une-petite-structure-partie-12/ & http://www.capitaine-commerce.com/2009/02/12/22494-se-mettre-a-la-photo-dans-une-petite-structure-partie-22/
Pensez ERGONOMIE que ce soit pour entrer ou sortir de votre site. Une navigation laborieuse donne envie de fermer la fenêtre pour ne plus jamais revenir sur ce site.
Ecrivez simplement, des textes courts et si possible, soignez l'orthographe. Personne ne vous reprochera de ne pas avoir la plume d'un écrivain, mais rien ne vous empêche d'utiliser un correcteur avant de publier une phrase bancale ou truffée de fautes. Et gardez en mémoire cette citation de Nicolas Boileau: "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément."
Je pourrais m'étendre davantage sur ce qu'il convient de faire ou de ne pas faire, mais tout ceci vous le savez déjà car c'est affaire de bon sens et de regard critique sur son travail. Mettez-vous simplement dans la peau d'un visiteur lambda, visitez quelques sites, notez tout ce qui vous déplaît en termes d'ergonomie et appliquez-vous cette maxime: ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse. Si néanmoins vous avez besoin d'autres conseils, je peux éventuellement vous donner un coup de main.
12 mars 2009
Agir ou réagir?
Deux semaines sans billet… Un siècle à l’échelle du temps blogosphérique.
Deux semaines consacrées à l’action aux côtés de créateurs pour qui la crise a des effets concrets en termes de vente. Pour ceux que je côtoie quotidiennement, je ne peux que constater la raréfaction des clients. L’heure est aux économies, le consommateur se fait discret, l’acte d’achat quant à lui est raisonné, moins spontané, prudent, utile, bio, éco-citoyen et j’en passe, quand il est tout simplement inexistant. Dans ce contexte de morosité aggravée par des prévisions déprimantes, on entend parler de changement des mentalités, voire de changement de civilisation, rien que ça ! Pour faire court, les consommateurs que nous sommes réaliseraient subitement que la surconsommation nuit à la planète et nous mène à notre perte. Si je partage l'idée que la surconsommation contribue en effet à mettre en péril les équilibres naturels, climatiques, sociaux ou même géopolitiques, je suis beaucoup plus perplexe quant à ce soi-disant changement soudain des mentalités. Les consommateurs se feraient-ils une raison et se convertiraient soudainement aux vertus de la décroissance ? Non, ils n’ont pas de pouvoir d’achat voilà tout et quand ils l’ont, ils s’empressent d’ouvrir un Livret A. Car je vous fiche mon billet que si par un extraordinaire et miraculeux retournement de situation, la crise se résorberait en quelques jours, la consommation reprendrait de plus belle, les créateurs créeraient et vendraient de plus belle, et les considérations écologiques ou sociétales actuelles auraient tôt fait d’être mises en sourdine. Je ne conteste pas la nécessité d’un changement des mentalités, mais encore faut-il avoir un cap pour savoir quelles actions engager et sur quels leviers agir pour influer durablement sur les comportements. Et de mon modeste point de vue, les soi-disant caps qu’on nous propose sont souvent plus motivés par des opportunités commerciales de tout poil, des échéances électorales quand ils ne sont pas le fruit d'une pensée mal construite et de raccourcis intellectuels. Prenons l'exemple de la mode éthique ou la mode équitable. Je n’ai toujours pas compris en quoi il était plus éthique de faire des vêtements avec du coton soi-disant biologique cultivé dans des pays ou le manque d’eau déjà cruel promet des ravages écologiques, humains et sociaux à très court terme, car rappelons-le, la culture du coton est particulièrement consommatrice d’eau. Sans compter que ce coton biologique utilise les mêmes moyens de transport polluants que le coton non bio. Mais loin de moi l’idée de lancer un débat sur ces questions, revenons plutôt aux créateurs en crise.
Au cours de ces deux semaines d’action mais aussi d’observation j’ai constaté une débauche d’énergie qui m’a inspiré cette réflexion : mieux vaut agir que de réagir.
Réagir c’est s’adapter à tout prix la conjoncture, c’est courir après les tendances plutôt que de les proposer, c’est s’investir dans une surenchère permanente, et c’est au final prendre le risque d’éreinter son potentiel, sa créativité et sa trésorerie.
Agir c’est au contraire avoir un plan, un cap et s’y tenir. C’est revenir aux fondamentaux, surtout si on s’est un peu éparpillé durant les périodes fastes que ce soit dans la création elle-même ou les outils marketing et les canaux de distribution utilisés. Agir c’est aussi décider, faire des choix, parfois douloureux et surtout ne pas se laisser les dicter par le discours ambiant. C’est éviter de s’essayer à de nouvelles techniques coûteuses ou produits hasardeux porteuses de débouchés tout aussi hypothétiques. C’est se recentrer sur son cœur de métier, ce savoir-faire qui nous a permis d’en arriver là où nous sommes. C’est enfin privilégier la proximité, s’insérer durablement dans le tissu local avant de repartir à l’assaut du marché global et virtuel, n’en déplaise aux chantres du e-commerce.
Un exemple ? Prenez un plan de votre ville ou de votre village et tracez un premier cercle de quelques centaines de mètres autour de votre lieu de résidence. Combien de personnes vous connaissent à l’intérieur de cercle ? Combien ne vous connaissent pas ? Qu’allez-vous faire pour aller à leur rencontre et leur donner envie de vous acheter une création ou solliciter votre savoir-faire ?
Et vous, quel est votre cap pour les prochains mois ?
24 février 2009
Pourquoi payer pour vendre?
Drôle de question, non ? Et pourtant vendre a toujours eu, a, et aura toujours un coût. Quel que soit l’intermédiaire, de l’agent commercial au grossiste en passant par les plateformes de vente et la patente que vous paierez à la mairie pour faire un marché, la vente nécessite un canal et des moyens pour organiser et rendre opérationnel ce canal de distribution. D’aucuns diront qu’il est possible de vendre gratuitement sur Internet. C’est faux, car même si ce n’est pas le vendeur qui supporte directement les coûts, ces coûts existent et sont supportés d’une façon ou d’une autre, par la publicité par exemple. Qui plus est, la publicité peut aussi avoir un coût d’une autre nature pour le vendeur. Comme me le faisait judicieusement remarquer un visiteur en lisant mon billet sur cette société de portage qui cherche à exploiter maladroitement le filon de l’auto-entrepreneuriat, mon billet eut gagné en crédibilité si les liens commerciaux de Google affichés en haut de mon blog ne faisaient justement pas l’article de ces sociétés de portage. Dans mon cas, et même si je n’ai rien à vendre, l’hébergement gratuit de mon blog a un coût, et plus exactement un prix, celui d’être pris en défaut de dénoncer ceux qui paradoxalement me permettent de m’exprimer librement et gratuitement. Fin de la démonstration. En fait, la vraie question n’est pas « Pourquoi payer pour vendre ? » mais « Pour Quoi faut-il payer pour vendre ? »
Le choix du canal de vente ou de distribution de vos produits ou de vos créations est primordial car il conditionne pour partie votre succès commercial. Tout n’est pas affaire de budget mais force est de constater que les créateurs abordent cette question sous l’angle un peut étroit des moyens financiers dont ils disposent. Il en résulte souvent une débauche d’énergie, au détriment du reste bien sûr, pour exposer tous azimuts pourvu que ce soit gratuit ou que cela coûte le moins possible. Si vous êtes dans ce cas et vous satisfaites de votre retour sur investissement, tant mieux pour vous. Mais si vous prenez la peine de convertir en coût horaire le temps consacré par exemple à insérer vos annonces sur plusieurs plateformes de vente et le comparez au chiffre d’affaire généré par ce canal, vous vous rendrez certainement compte que c’est beaucoup moins rentable qu’il n’y paraît. J’ai bien conscience qu’un créateur ne dispose pas nécessairement de milliers d’euros à dépenser dans une e-boutique et son référencement mais je vous invite néanmoins à aborder la question du choix du canal de vente sous un angle différent. Car en tant que créateur, vous ne commercialisez pas que vos œuvres ou produits, vous véhiculez aussi, à condition d’y avoir un peu réfléchi et travaillé, une image, un univers, un imaginaire, des valeurs, bref cette identité qui est la vôtre et qui vous différencie des autres. Donc sauf à être dans une logique de court terme, vous n’apprécierez pas le canal de vente sous le seul angle de la performance commerciale. Le retour sur investissement ne prendra pas alors en compte seulement le chiffre d’affaire généré mais aussi la notoriété que ce canal vous rapporte.
Un canal coûteux en temps et en moyens pourra vous apporter une notoriété qui contribuera à plus ou moins long terme à accroître vos ventes. A l’inverse un canal très économique vous permettra de réaliser rapidement des ventes mais ne s’avèrera d’aucune utilité pour le développement de votre image de marque, pire il pourra à terme vous desservir parce qu’inapproprié il contribuera à brouiller cette image. A la question : « Pour quoi faut-il payer pour vendre ? », je répondrai qu’il faut d’abord songer à payer pour se faire connaître, la notoriété est pour les créateurs le meilleur gage de succès commercial, en d’autres termes un canal à ne surtout pas négliger.
