Rue des créateurs

Blog dédié aux acteurs de la création artisanale et artistique. Création d'entreprise, commerce en ligne, communication, développement commercial: par où commencer et quelles solutions choisir? Actualité, analyse, études comparative et portrait de créateur

21 avril 2009

Le statut d'auto-entrepreneur bientôt modifié ?

Par Christophe Dussert - http://reflexif.over-blog.com/

Le secrétaire d’État initiateur supposé du statut d'auto-entrepreneur semble avoir fini par entendre les critiques émises par les représentants des fédérations d'artisans et les chambres des métiers. Il a reçu leurs représentants le 14 avril dernier avant d'annoner la mise en place rapide d’un groupe de travail sur le régime de l’auto-entrepreneur et l’artisanat.

Ce groupe aura donc pour mission d'évaluer l’impact du régime de l’auto-entrepreneur sur les créations d’entreprises artisanales à l'aune des règles d’immatriculation dans les chambres de métiers et des métiers, lesquelles règles prévoient  entre autres conditions,  qualification professionnelle et obligation d’assurance à la diffénrence du régime ultra-simplificateur de l'AE... mais au bénéfice réel de qui???

"Si les conclusions de cette évaluation conduisaient à la nécessité d’un ajustement du régime de l’auto-entrepreneur pour les activités artisanales, celui-ci pourrait être discuté dans le cadre de l’examen au Parlement du projet de loi concernant les réseaux consulaires."

Dans la mesure ou le nombre d'inscriptions dans les Chambres des Métiers s'est effondré depuis le début de l'année (et où le ministère pousse les micro-entrepreneurs actuels à opter massivement pour l'AE), et où, d'autre part, il y a bien une distorsion de concurrence introduite par ce statut (peut-être moins dans les charges : 46% du bénéfice en moyenne, que dans les conditions), ainsi que quelques "menus" effets pervers (comme la transformation su salariat en auto-entrepreunariat précaire)... Les conclusions de l'évaluation ne devraient faire guère de doutes, mais nous jugerons sur pièces...

On peut simplement regretter, une fois encore, que les grands cerveaux technocratique qui en sont à l'origine n'y aient pas réflechi...

En tout cas, on peut s'attendre a un changement des règles pour les auto-entrepreneurs avant la fin de l'année, au moins pour ceux qui ont opté pour "activité artisanale", bien que la distinction artisan / commerçant ne soit toujours pas claire... Certainement de nouvelles exigences de qualification et d'assurances ; probablement aussi une limitation dans le temps, mais peut-être aussi un relèvement des charges. Un nouveau piège pour ceux qui se sont engagés et de nouveaux doutes pour ceux qui hésitent à le faire...



03 avril 2009

Auto-entrepreneurs et profession libérales: pas si simple!

Petit témoignage reçu:

Bonjour, Je tiens à signaler que pour les libéraux déjà en activité avant le 1er janvier 2009, la CIPAV et l'URSSAF ont décrété, nul ne sait pourquoi, que les dossiers seraient rejetés (c'est ce qui s'est passé pour moi, donc de guerre lasse, je viens de me radier alors que j'exerce depuis 10 ans que mon activité marche et que je suis diplômée de l'ITI).

Et pourtant:

« Ce régime est ouvert à tous les micro-entrepreneurs, qu’ils soient déjà en activité ou en phase de création d’entreprise. Les professionnels libéraux, en tant que travailleurs indépendants, entrent dans le champ du régime de l’auto-entrepreneur ouvert par la loi de modernisation de l’économie. » Le gouvernement a fait adopter un dispositif transitoire, dans l’article 34 de la loi pour l’accélération des programmes de construction et d’investissements publics et privés du 17 février 2009 : dans l’attente de la signature de la convention avec la CIPAV au plus tard le 1er janvier 2012, il est prévu que les auto-entrepreneurs relevant de cette caisse et créant leur activité, se déclareront et verseront leurs cotisations aux URSSAF, tout en étant affiliés à la CIPAV. Ainsi, les professionnels libéraux créateurs relevant de la CIPAV peuvent bénéficier du régime de l’auto-entrepreneur depuis le 19 février 2009. »

Conclusion:

Le Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et la DGCIS nient formellement qu’il existe un quelconque problème d’inscription. Le Collectif Libéraux ( Collectif des professions libérales et micro entreprises exclues du régime auto-entrepreneur) invite toutes les personnes ayant reçu une lettre de refus d’inscription de l’URSSAF (« l’article 34 de la loi 2009-179 ... dans ces conditions, votre déclaration est rejetée par nos services ») à en envoyer au plus tôt une copie, accompagnée d’une lettre explicative (voir exemples en pièces jointes, à personnaliser) à :

Monsieur Hervé Novelli, Secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services
139 rue de Bercy
75012 Paris

Monsieur Alexandre Chérel (alexandre.cherel@finances.gouv.fr)
Fax: 01 43 19 40 63

Monsieur le Médiateur du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
Télédoc 215
139 rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12

Plus d'informations sur le Collectif Libéraux

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02 avril 2009

Auto-entrepreneurs: pas de TVA, pas de chocolat!

Par Christophe Dussert - reflexif.over-blog.com

L'auto-entrepreneur n'est pas assujetti à la TVA. C'est clairement affiché, mais quand on n'est pas initié aux subltilités de la TVA, qu'est-ce  que cela veut dire ?

Tout d'abord vos fournisseurs doivent vous vendre avec la TVA s'il sont assujettis, mais vous ne tant qu'auto-entrepreneur, vous ne pourrez la récupérer. Vos achats sont donc effectués Toutes Taxes comprises comme n'importe quel particulier.  C'ets pourquoi vos factures doivent obligatoirement porter la mention suivante: "T.V.A. non applicable, art. 293 B du C.G.I."

Vous réglez la TVA auprès de vos fournisseurs lors des achats mais lors de vos ventes, vous ne la facturez pas de TVA  et par voie de conséquence vous n'aurez donc pas à vous livrer à l'exercice mensuel ou trimetriel qui consiste à la déclarer afin de déterminer si vous en avez payé plus que vous n'en avez encaissé ou l'inverse. Moins de paperasse, cetres, mais est-ce vraiment avantageux?

Supposons que votre fournisseur est, lui, assujeti à la TVA et  qu'il vous la facture. Dans le Prix d'Achat (PA) que vous payez,  est donc inclue une TVA : t(PA).

1) En tant qu'AE, vous ne récupérez pas cette TVA. Vous allez revendre cette marchandise au Prix de Vente : PV, qui sera   un prix Hors Taxe, puisque vous n'appliquez pas la TVA. Si votre propre client est un client final, qui ne récupère pas la TVA  lui non plus, il aura payé : PV, et votre propre bénéfice sera : PV-PA. Vous suivez? Mais si votre client peut récupérer la TVA (qu'il soit lui même un  intermédiaire, ou bien qu'il soit dans une des nombreuses situations  de dégrèvement), il ne peut le faire sur votre marchandise, alors que  sur celle d'un de vos concurrents en entreprise normale, il va pouvoir le faire. Donc de son point de vue vous vendez trop cher, et il ne  voudra payer que PV - t(PV), comme pour votre concurrent. Vous allez  donc devoir lui vendre à un prix qui sera : PV - t(PV) hors taxes !  Votre bénéfice ne sera donc plus que : PV - PA - t(PV).

2) Dans une entreprise assujettie à la TVA : Vous récupérez la TVA appliquée par votre fournisseur, la marchandise   vous revient donc à : PA - t(PA). Mais vous devez facturer une TVA. Si votre client ne récupère pas la TVA (consommateur final par exemple), il paye PV, mais cela recouvre aussi une TVA : t(PV), que  vous payez à l'état. Votre bénéfice est donc : PV - t(PV) - PA + t(PA). Si votre client récupère la TVA, il vous payera PV, mais récupèrera  t(PV), et votre bénéfice sera à nouveau : PV - t(PV) - PA + t(PA).

Conclusion : Le fait de ne pas être assujetti à la TVA est plutôt un  avantage... SAUF si vos client peuvent récupérer la TVA  (revendeurs...) et que vous êtes dans un secteur concurrentiel qui  vous oblige à vous aligner sur les tarifs de concurrents en entreprise  normale (si ce n'est pas le cas, vous fixez le prix que vous voulez !).

Pour fixer les idées, si PA = 100 € et PV = 200 €, alors :
1) dans le cas AE avec client final, Bénéfice = 100 €
dans la cas AE concurrentiel : Bénéfice = 67,2 €  (TVA à 19,6 %)
2) dans le cas entreprise assujettie à la TVA :  Bénéfice = 83,6 €

Evidemment, tous ces calculs ne tiennent pas compte des charges et  impôts. Il convient de prendre en compte tous ces aspects, et pas seulement l'exemption de TVA, avant de décider si le statut d'AE est  un avantage ou pas pour votre activité. N'oubliez pas que vous serez  imposé sur PV et non sur le bénéfice comme le serait l'entrepreneur  assujetti, mais avec un taux bien moindre...

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16 mars 2009

NON, le statut d'auto-entrepreneur n'est pas fait pour les créateurs artisanaux!

Je vous avais promis un billet sur la protection des oeuvres mais la découverte d'un détail de taille qui m'a rendu furibard m'oblige à corriger une bourde, elle-même motivée par ce que je croyais être une bourde et qui en fait n'en était pas une. Je m'explique.

Attaché au sens des mots en ce qu'ils véhiculent autant de précision que de sous-entendus, à condition toutefois de les utiliser à bon escient, je m'étais appliqué à décortiquer le guide officiel de l'auto-entrepreneur dès sa parution avant d'écrire plusieurs billets à ce sujet et de comprendre quels éventuels avantages ce nouveau régime pouvait constituer pour les créateurs artisanaux. Au vu de la définition du commerçant qui en était faite, une personne qui achète et qui revend, j'en avais déduit que la personne qui transforme avant de vendre n'est pas à proprement parler un commerçant mais plutôt un artisan. J'avais donc écrit à l'époque qu'il existait trois catégories d'auto-entrepreneurs: les commerçants (plafonnés à 80.000 euros), les artisans (plafonnés à 32.000 euros) et les autres prestataires et profesisons libérales (ces derniers ont du attendre l'accord avec la CIPAV, eux aussi plafonnés à 32.000 euros). Cette déduction n'était cependant pas si évidente compte tenu du manque de clarté du guide officiel, je vous laisse juger:

80 000 euros pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou les prestations d’hébergement.

32 000 euros pour les activités de prestations autres que celles relevant du seuil de 80 000

32 000 euros pour les autres prestations de service, imposables dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), c’est-à-dire principalement les professions libérales.

Habitué au caractère approximatif des textes émanants de l'administration, je décidai d'écouter mon intuition pour répondre aux nombreux messages que je reçus durant cette période de démarrage tonitruant du régime de l'auto-entrepreneur. En consultant mes statistiques, je me rendis compte qu'un forum de l'APCE m'amenait beaucoup de visiteurs. Je cliquai alors sur le lien et découvris que j'étais cité comme source d'information incorrecte quant aux différentes catégories. Le modérateur-animateur de l'APCE expliquait à une créatrice de bijoux qu'elle dépendait bien de la catégorie "commerçant" et qu'en l'occurence sa source (mon blog) était inexact. Perplexe, je visitai alors bon nombre de blogs et de sites d' "experts" tout aussi unanimes que l'APCE: il n'y a que deux catégories, les comemrçants et les professions libérales. Bigre, je m'étais donc trompé dans les grandes largeurs.... J'entrepris donc de corriger mes billets et me rangeais à l'interprétation communément admise.

C'était sans compter la sagacité de l'auteur du blog "Réflexif" qui remet le couvert avec son billet "Le piège de la distinction entre artisan et commerçant ?" daté du 15 mars (donc tout frais). J'apprends ainsi qu'au moment de remplir le formulaire en ligne de déclaration d'auto-entrepreneur (ce que j'aurais du allé voir plus tôt j'en conviens), il est proposé trois catégories: commerçant, artisan, activité libérale. Christophe conclut son billet ainsi: "Cela semble sous-entendre que tout artisan sera considéré comme prestataire de service ?! Si l'on essaie de s'inscrire, par exemple, pour une activité de fabrication et vente de bijoux fantaisie sur internet, le Centre de Formalites des Entreprises de l'URSSAF qui gère ces formulaires vous refusera le dossier si vous avez coché : Activité Commerciale et vous suggère de recommencer en cochant Activité Artisanale..."  Gloups!!!

Je décide alors d'appeler le  0811 90 00 99 (ce que j'aurais du faire plutôt également je vous le concède), le Numéro sensé vous répondre à tout ce que vous voulez savoir sur le régime d'auto-entrepreneur, tout sauf l'essentiel!  Grâce au message d'attente j'apprends que ce service est en fait géré par l'APCE pour le compte du Ministère. Au bout de quelques minutes on me met en relation avec un conseiler, si, si, j'ai bien dit un conseiller.

Petit extrait de notre conversation:

- Moi: Bonjour, je m'apprêtais à remplir la déclaration en ligne pour devenir auto-entrepreneur mais je découvre qu'il existe une catégorie "activité artisanale" alors qu'on m'a toujours dit qu'il n'existait que deux catégories: les commerçants et les prestataires.

- Le conseiller: Je n'ai pas très bien compris votre question. Quelle activité souhaitez-vous développer?

- Moi: je souhaiterais vendre mes créations artisanales et mes différents interlocuteurs m'ont dit que j'entrerai dans la catégorie commerçant. 

- Le conseiller: Vous relevez bien de  l' "activité artisanale".

- Moi: Quel est le plafond?

- Le conseiller: 32.000 euros H.T.

- Moi: Pourquoi les explications données dans les guides officiels ne font pas clairement mention de la catégorie "activité artisanale" alors qu'elle est indiquée en haut de la déclaration?

- Le conseiller: Euh.... Je vais faire remonter votre remarque.

Le même organisme, l'APCE donc et que je ne félicite pas, me contredit donc en janvier pour finalement me confirmer ce que j'avais effectivement bien compris et qui n'est nullement explicité sur les sites en charge de relayer l'information officielle. En d'autres termes, on vous dit tout et son contraire.

Conclusion: Si vous envisagez de démarrer une activité artisanale, n'optez surtout pas pour le régime d'auto-entrepreneur (sauf peut-être pour une étude de marché de deux ou trois mois, et encore..). Avec un chiffre d'affaire plafonné à 32.000 euros, 21,3 % de charges sociales, des achats de matières première sans pouvoir récupérer la TVA, vous pouvez espérer gagner au mieux un SMIC en travaillant pas moins de 12 heures par jour, 6 jours par semaine.

A bon entendeur, salut!

20 février 2009

Régime de l'auto-entrepreneur: quoi de neuf?

Professions libérales non réglementées

Les professions libérales, qui ne pouvaient jusqu'ici prétendre au régime de l'auto-entrepreneur, peuvent désormais le faire depuis hier.   En effet le décret permettant aux professions libérales relevant de la CIPAV, d'opter pour le régime micro-social simplifié, vient d'être publié au J.O. Il prévoit, à titre dérogatoire, jusqu'à la signature d'une convention avec la CIPAV et au plus tard le 1er janvier 2012, le calcul et l'encaissement de leurs cotisations d'assurance vieillesse de base, de retraite complémentaire et d'invalidité-décès par l'Urssaf. Le taux de cotisations appliqué pour ces activités  est de  18,3 %.

Fonctionnaires

L’administration de son côté autorise également les fonctionnaires à déroger à la règle leur interdisant d’exercer une activité privée lucrative pour devenir auto-entrepreneurs. D’autres mesures d’assouplissement devraient bientôt faciliter le régime des cumuls d’activités.

Accre et auto-entrepreneurs

A compter du 1er juillet 2009, entrée en vigueur d'un forfait particulier pour les bénéficiaires de l’Accre destiné à encourager le cumul d'une activité avec les allocations chômage qui devrait plafonner les cotisations sociales résiduelles restant à la charge des bénéficiaires de l'Accre.

Les artisans n'ont pas de quoi être rassurés

Malgré les critiques des artisans, et le fait que sur les 62000 auto-entrepreneurs inscrits (au 17/02), 16% d’entre eux auto-entreprennent  les métiers de l'artisanat, exerçant ainsi une concurrence déloyale. Hervé Novelli (secrétaire d’Etat aux PME) n’entend pas réformer le régime avant 2010 au vu des conclusions d’une mission d’évaluation menée conjointement avec la CGPME :"Il y a  évidemment quelques imperfections mais il y a surtout un réel engouement qu'il ne faut pas freiner pour l'instant"(sic). Le patron de la CGPME admet pour sa part que des mesures doivent être prises et qu’il est nécessaire de limiter la concurrence. Pas de quoi de faire frémir les auto-artisans.

17 février 2009

Auto-entrepreneurs, on veut vos sous!

Internet est décidément un espace qui réserve chaque jour de nouvelles surprises. Rien de très différent du monde réel me direz-vous, sauf que sur la toile tout va très vite. Dans le monde physique, les formalités pour créer une entreprise, et même à passer par un mandataire, demandent d'aller publier une annonce légale,  se rendre au CFE, puis au greffe du Tribunal de Commerce, sans parler de la banque où il faut aller bloquer puis débloquer le capital, et du cabinet notarial le cas échéant. Rien de bien méchant, tout au plus quelques heures, parfois quelques jours, qu'on aurait cependant aimé consacrer à autre chose.  Sur Internet tout est plus simple, plus facile. Surtout depuis l'entrée en vigueur du statut d'auto-entrepreneur: formalités en ligne, relative simplification, je clique et me voilà auto-entrepreneur. Sur Internet tout est merveilleux aussi. A peine avez vous enfilé votre nouveau costume d'auto-entrepreneur que déjà on se propose de vous accompagner et de vous aider à développer votre activité. Car il existe désormais des entreprises de portage des auto-entrepreneurs, rien de moins! Moyennant 6% du montant des prestations que vous facturez, hors prélèvement des charges sociales et fiscales, vous bénéficiez des services et d'une société dont les nobles intentions sont de vous simplifier encore un peu plus la vie d'auto-entrepreneur. Concrètement, pour une prestation facturée 200 euros, il vous reste 144, 76 euros desquels vous déduirez encore vos frais professionnels. Mais que peut m'apporter une société de portage si je suis auto-entrepreneur?  C'est là que ça devient croustillant.  La société de portage en question vous propose de vous immatriculer auprès du CFE au cas où ce serait encore trop compliqué pour vous. Elle établit les factures à vos clients, et tient à jour votre comptabilité si jamais vous ne saviez pas tenir un simple cahier recettes/dépenses ou que vous ne possédiez pas de calculette. Elle saisit vos déclarations mensuelles ou trimestrielles, ce qui d'après mes calculs doit prendre environ 5 minutes.  Concrètement, 8000 euros de prestations intellectuelles facturées sur un trimestre à raison de 500 euros la prestation représentent 16 factures, soit encore 4 factures toutes les 3 semaines. 8000 euros de prestations facturées me coûteront donc 480 euros de frais de gestion pour des tâches qui représentent collectivement moins de quatre heures de travail sur un trimestre, et je compte large. Je ne sais pas pourquoi, et malgré les arguments commerciaux de la société de portage qui me promet d'intégrer un réseau dynamique de centaines de "portés" et l'assurance d'être référencé auprès de leurs tout aussi nombreux clients, je ne suis pas du tout convaincu et j'ai même la désagréable impression d'être pris pour plus bête que je ne suis. Ce dont je suis certain en revanche c'est que les temps sont apparemment difficiles, et que chaque euro est bon à prendre.

Mais faire feu de tout bois n'est à mon avis pas la meilleure façon de traverser la crise sans dommages, cette société est tombée dans un des nombreux pièges de la Toile: celui de confondre réactivité et opportunisme. Dans son cas, il eut mieux valu se creuser un peu plus les méninges pour trouver un avantage concurrentiel durable sur l'auto-entrepreneuriat plutôt que d'en faire une opportunité commerciale boîteuse au risque de perdre gros en termes de crédibilité.

En effet, le portage salarial est une alternative intéressante à la création d'entreprise pour qui veut démarrer comme freelance ou consultant, et c'est précisément cet avantage qu'il fallait améliorer en se plaçant sur le terrain des enjeux et non de la surenchère mercantile. Le statut d'auto-entrepreneur constitue une réelle concurrence aux sociétés de portage et ces dernières, pour survivre, devront plutôt apporter des services à forte valeur ajoutée à leurs portés, comme par exemple leur proposer un statut de salarié et  faire reconnaître ce statut et ses droits inhérents auprès des pouvoirs publics. 

16 février 2009

L'auto-entrepreneur gagnant en 2009

Le nouveau statut d’auto-entrepreneur n’en finit de faire de nouveaux adeptes à raison de 2000 déclarations par jour. Parmi eux, certains tireront le meilleur parti de ce statut pour développer qui une activité complémentaire, qui un véritable projet professionnel, tandis que d’autres constateront avec amertume qu’il ne suffit pas  de simplifier les formalités de création d’entreprise pour devenir entrepreneur et pérenniser son entreprise. Plusieurs qualités distinguent l’auto-entrepreneur gagnant de celui dont les recettes seront englouties par des charges importantes et une fiscalité moins avantageuse qu’il n’y paraît, malgré tous ses efforts.

L’auto-entrepreneur gagnant a mûri son projet. Il n’a pas attendu l’entrée en vigueur du nouveau dispositif pour réfléchir à l’activité qu’il pouvait développer et piocher une idée sur des listes qui proposent « 50 idées d’auto-entreprises » (si, si ça existe !). L’auto-entrepreneur a tout d’abord réfléchi aux produits ou aux services qu’il allait proposer, il a ensuite vérifié l’existence d’un marché puis il a couché ses prévisions financières sur le papier tout en faisant preuve de prudence et de réalisme quant à ses objectifs commerciaux. Il a ensuite travaillé à sa stratégie commerciale pour identifier le meilleur moyen d’atteindre ces objectifs, et les dépasser avec un peu de chance…. Après toutes ces étapes et sans n’en brûler aucune, il a ensuite réfléchi au statut juridique de sa future entreprise en comparant les différentes possibilités et en prenant en compte sa situation personnelle. Finalement, il a opté pour le statut d’auto-entrepreneur pour retarder la création d’une société et affiner un peu plus son projet en attendant un contexte économique plus favorable. Néanmoins ce statut lui permet de mettre en place ses premières actions commerciales en toute légalité.

L’auto-entrepreneur gagnant a peu de charges et ne réalise pas de gros investissements qui fragiliseraient sa trésorerie. L’auto-entrepreneur commerçant a conscience de tous les paramètres : il paye des charges et des impôts en proportion de son chiffe d’affaire et non de ses bénéfices d’une part, il ne peut récupérer la TVA ni la facturer à ses clients d’autre part. Avec un CA annuel plafonné à  80.000 euros, il doit préserver sa marge bénéficiaire s’il veut pouvoir dans le meilleur des cas empocher aux alentours de 1100 euros nets par mois. Il réfléchira donc à deux fois avant de commercialiser des produits dont l’acquisition pèsera lourdement sur sa trésorerie. Il ne commettra pas non plus l’imprudence de réduire ses marges pour mieux rivaliser avec la concurrence. En effet en pratiquant des marges faibles au début de son activité, il fait rentrer moins d’argent mais s’expose à devoir vendre plus et à mobiliser toute sa trésorerie pour acheter du stock. Il affaiblirait non seulement sa trésorerie d’entrée de jeu mais serait très vite obligé de revenir à des marges plus importantes, ce qui pourrait s’avérer néfaste en termes d’image auprès des clients.

L’auto-entrepreneur commerçant-créateur, qui fabrique ses propres produits, veillera à privilégier des créations peu coûteuses en temps et en matières premières et se gardera de vendre en auto-entrepreneur des créations à forte valeur ajoutée. S’il ne peut se résoudre à fabriquer des objets moins élaborés et qui ne reflètent pas l’étendue de son talent, il optera plutôt pour un autre statut. Quant à l’auto-entrepreneur prestataire de services, il sait son CA plafonné à 32.000 euros et taxé à 23% (IR inclus), il sera très attentif à ses charges fixes et au mode de calcul pour fixer le prix de ses prestations (tarif horaire, commission, tâche). Il ne bradera pas son prix horaire, même si la concurrence l’y pousse, pour ne pas avoir à travailler 12 heures par jour pour un salaire qui ne sera de toute façon pas très supérieur au SMIC.

L’auto-entrepreneur gagnant s’adapte. Il sait que la  concurrence sera rude et que la consommation n’est pas à l’abri d’une baisse significative en 2009 malgré les relatifs bons chiffres du e-commerce en 2008. Tout en veillant à ne pas grever son budget avec des outils de communication coûteux, il soignera néanmoins son image et son message. Il fera donc régulièrement le point sur sa stratégie commerciale et ses outils de communication afin d’ajuster le tir. Même s’il a des ambitions internationales, il saura jouer la carte de la proximité pour ne pas passer à côté d’opportunités qui lui permettront de passer un cap difficile. Ainsi il ne négligera pas les supports de communication qui sont à Internet ce qu’est l’invention de la roue à la révolution industrielle : bouche à oreille, journaux de petites annonces, affichette à la boulangerie, centres sociaux-culturels,…

L’auto-entrepreneur gagnant a encore beaucoup d’autres qualités : il tisse un réseau relationnel durable, il travaille en réseau et évite l’isolement, il sait se faire conseiller pour ne pas à avoir à réinventer la poudre au gré de ses besoins, … et il sait garder du temps pour lui et pour sa famille, histoire ne pas exploser en plein vol.

De même, l’auto-entrepreneur gagnant ne s’interdit pas de rêver, il veille à cultiver son capital créatif, son esprit critique et ne mise pas tout sur une opportunité du moment. Il ne cède pas aux effets de mode, il garde le cap et utilise l’auto-entrepreneuriat pour ce qu’il est : un outil parmi beaucoup d’autres.

02 février 2009

Le statut d'auto-entrepreneur dans la balance

Le statut d'auto-entrepreneur, en vigueur depuis un mois aujourd'hui (Happy birthday) a ses détracteurs et des adeptes. Côté adeptes, ils sont à ce jour un plus de 35.000 à avoir franchi le pas. Côté détracteurs, je n'en connais pas le nombre mais j'ai glané ici et là quelques articles et billets qui donnent à réfléchir. Un des plus intéressant est à mon avis celui de Gilles Bridier dans Rue 89 intitulé " Créateurs d'entreprises, les nouveaux précaires". En décembre dernier, Rue 89 évoquait déjà ce statut dont la communication tonitruante qui est faite par ses promoteurs s'attache à mettre en avant les modalités pratiques du statut au détriment de la réalité de la création d'entreprise et des conditions de succès que sont: l'étude de marché, le produit, les clients et aussi un peu de trésorerie, par les temps qui courent il en faut pour survivre à la tempête.

Si vous êtes un lecteur assidu de blog, vous trouverez ce billet redondant avec un précédent billet sur le sujet. Le fait est que je m'inquiète réellement pour vous, qui allez céder au chant des sirènes de l'auto-entrepreneuriat et de ses promoteurs de tout poil (pas toujours bien intentionnés) avant d'avoir au moins pesé le pour et le contre à la lumière de VOTRE PROJET. Cela suppose bien sûr d'en avoir un, même si ce n'est que pour arrondir ses fins de mois. Mon point de vue, vous le connaissez peut-être déjà, c'est que statut se prête à celles et ceux qui veulent tester leur projet, mais je ne le crois pas idéal pour un réel projet d'entreprise pérenne et rentable. Je pourrais lister tous les inconvénients de ce statut mais ceci n'est pas l'objet de ce blog. Néanmoins, et s'il ne fallait n'en retenir qu'un, je parlerais de l'isolement. L'auto-entrepreneur, même s'il choisit ce statut pour une durée déterminée (le temps de tester son projet) se prive en effet du soutien que peuvent lui apporter notamment les structures spécialisées la création d'entreprise (la vraie), telles que France Initiative ou Les boutiques de gestion, structures qui par ailleurs peuvent vous orienter ves des aides régionales ou locales.

Et que dire des SCOP ou des Coopératives d'Activités et d'Emploi? Assurément que du bien. Ces structures vous permettent de tester votre projet grandeur nature, de vous confronter à la réalité du marché tout en limitant les risques. Au sein de ce structures, vous trouverez un accompagnement, des services adaptés, et vous rencontrerez d'autres entrepreneurs ou futurs entrepreneurs dont la propre expérience ne pourra qu'enrichir votre réflexion et consolider votre projet.

C'est par ailleurs dans cet esprit de coopération que je vous invite à rejoindre le Réseau Rue des Créateurs pour rompre avec l'isolement, que vous choisissiez ou non le statut d'auto-entrepreneur.

 

Visiter Rue des créateurs

31 janvier 2009

Auto-entrepreneur et professions libérales

Petites précisions concernant les personnes qui souhaitent s'immatriculer comme auto-entrepeneur dans la catégorie des professions libérales:

-  Le statut d'auto-entrepreneur sera ouvert aux professions libérales (en plus de celles relevant du Régime Social des Indépendants pour leur assurance vieillesse et qui peuvent d'ores et déjà prétendre au staut d'auto-entrepreneur) courant février 2009 dès que le texte actuellement en discussion au Parlement visant à ouvrir en février 2009 ce statut aux professions libérales relevant de la Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse (CIPAV) sera adopté.

- Les professions libérales concernées par cet amendement sont listées dans  l'Annexe II du guide officiel de l'auto-entrepreneur à la page 25 qui recense toutes professions relevant effectivement de la CIPAV.

A noter cependant que certaines dénominations telle que "créateur d'art" quand elle figure dans la catégorie des professions libérales ont de quoi laisser perplexe; votre serviteur essaiera de vous apporter des précisions quant à ce sujet dès que possible.

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23 janvier 2009

Le statut d'auto-entrepreneur, l'arbre qui cache la jungle commerciale?

Aujourd’hui j’ai décidé d’enfiler mon costume de rabat-joie. C’est à cause d’une de mes connaissances avec qui je conversais hier soir sur le statut d’auto-entrepreneur jusqu'à ce qu'il lâche : « Si je ne vends rien, je ne paye rien, je n’ai donc rien à perdre ». A ce raisonnement simpliste je rétorquai qu’il avait au contraire tout à perdre. D’abord, s’il ne vendait rien, il ne gagnait rien et s’il ne gagnait rien, franchement, quel intérêt ? Et puis à ne rien gagner, on peut perdre gros, ne serait-ce que le moral, et quand on entreprend, le moral c’est vital. Sans compter que le statut d’auto-entrepreneur  est loin de ne présenter que des avantages, mais ceci fera l’objet d’un dossier « made in Rue des créateurs » à télécharger prochainement.

Pourtant, je devrais me réjouir, à l’instar de Bercy saluant le franc succès  du statut d’auto-entrepreneur qui a déjà séduit près de 20000 personnes depuis le 1er janvier. Et comment ne pas s’enthousiasmer devant ces initiatives telles que l’Union des auto-entrepreneurs créée par François Hurel, ou encore cette première communauté dédiée aux auto-entrepreneurs « 80000euros.com » ouverte par Didier Barbet ?

Tant mieux si on se soucie d’accompagner les auto-entrepreneurs, car ils en auront besoin ! Pour ma part cet engouement, pour ne pas dire cette précipitation me fait craindre de futures déconvenues en masse. Ma crainte est que ce soit le statut en tant que dispositif, qui ait déclenché cette frénésie pour la création d’entreprise (qui plus est dans un contexte où tout le monde cherche à arrondir ses fins de mois) au détriment du bon sens qui prévaut dans toute aventure entrepreneuriale. J’ai en effet du mal à imaginer que 20000 personnes aient toutes opté pour ce statut au terme d’une étude marché digne de ce nom et d’un projet commercial validé. Que certains d’entre eux aient choisi ce statut pour justement tester leur projet en grandeur nature et valider leurs hypothèses commerciales est certainement l’une des meilleures utilisations du statut d’auto-entrepreneur, mais sont-ils la majorité ?

Mes craintes sont peut-être infondées car les auto-entrepreneurs sont forcément des personnes avisées qui connaissent et maîtrisent les fondamentaux de la création d’entreprise.

Allez savoir pourquoi, mes doutes persistent.

Alors je ne résiste pas à vous poser deux questions auxquelles je vous invite à répondre sincèrement (pas besoin de m’écrire, soyez juste honnête avec vous-même)

-          Pourquoi avez-vous choisi le statut d’auto-entrepreneur ?

-          Avez-vous réalisé une étude de marché ?

Si vous répondez « non » à la deuxième question, profitez du week-end pour vous pencher sur la question et lire quelques sages conseils à ce sujet.

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